Déclaration du vendeur et vices cachés : ce que l'acheteur exige avant de signer

2026-08-24
10 min
Boney Hatungimani
geo-hero-declaration-vendeur-vices-caches-quebec-1787577935535

Pourquoi la déclaration du vendeur est au cœur de toute transaction

Vendre votre maison familiale est une étape importante, souvent chargée d'émotions. Parmi les documents qui jalonnent ce parcours, la déclaration du vendeur est l'un des plus déterminants. Elle informe l'acheteur sur l'état réel de la propriété et pose les bases d'une relation de confiance dès le départ. Bien remplie, elle protège autant le vendeur que l'acheteur. Mal remplie ou incomplète, elle peut mener à des litiges coûteux, parfois des années après la signature de l'acte de vente chez le notaire.

Si vous envisagez de vendre votre propriété, comprendre ce document est une priorité absolue avant même de fixer un prix ou de planifier des visites.

Vice caché ou vice apparent : une distinction qui change tout

La première question que se posent la plupart des vendeurs est simple : suis-je responsable de tous les défauts de ma maison? La réponse dépend d'une distinction fondamentale en droit québécois.

L'article 1726 du Code civil du Québec prévoit que le vendeur garantit à l'acheteur que le bien et ses accessoires sont exempts de vices cachés qui rendent le bien impropre à l'usage auquel il est destiné ou qui en diminuent tellement l'utilité que l'acheteur ne l'aurait pas acheté, ou n'aurait pas payé un prix aussi élevé, s'il les avait connus.

En revanche, le vendeur n'est pas tenu de garantir le vice caché connu de l'acheteur ni le vice apparent. Un vice apparent est celui qu'un acheteur prudent et diligent peut constater sans devoir recourir à un expert.

En pratique, cela signifie qu'une fissure visible dans le mur du sous-sol ou une porte de garage qui ne ferme pas bien sont des vices apparents : l'acheteur peut les voir lors de sa visite. À l'opposé, une infiltration d'eau derrière un revêtement ou une problématique de fondation non visible à l'œil nu pourrait être qualifiée de vice caché si vous en aviez connaissance sans le déclarer.

Le formulaire DV : votre outil de transparence

Au Québec, la déclaration du vendeur prend généralement la forme du formulaire DV (Déclaration du vendeur sur l'immeuble). L'OACIQ indique que le formulaire DV, ou le DVD pour une copropriété divise, aide le courtier à découvrir les facteurs qui peuvent affecter défavorablement une partie et à mieux informer l'acheteur sur l'état de l'immeuble.

Ce formulaire couvre un large éventail de sujets : l'état de la toiture, du système de chauffage, de la plomberie, des fondations, la présence de moisissures, d'amiante, de pyrite, d'anciens réservoirs souterrains, et bien d'autres éléments. Il vous invite à répondre honnêtement à chaque question selon votre connaissance réelle de la propriété.

Il est important de comprendre que le formulaire DV ou DVD améliore la transparence, mais il ne constitue pas une garantie que l'immeuble est exempt de défaut. Autrement dit, remplir ce formulaire ne vous met pas à l'abri de toute réclamation, mais il démontre votre bonne foi et réduit considérablement les risques de litige.

Quoi déclarer concrètement : les zones à ne pas négliger

Voici les catégories de problèmes que les acheteurs examinent de près et que vous devez aborder avec soin dans votre déclaration :

  • Infiltrations d'eau et humidité : passées ou présentes, même si le problème a été réparé. Précisez la nature des travaux effectués et leur date approximative.
  • Fondations et structure : toute fissure significative, mouvement ou réparation structurale doit être mentionnée.
  • Systèmes mécaniques : état du système de chauffage, de la plomberie, de l'électricité. Si des composantes ont été remplacées, indiquez-le.
  • Toiture : âge approximatif, réparations récentes, fuites connues.
  • Contaminants : présence connue ou soupçonnée d'amiante, de moisissures, de radon ou d'anciens réservoirs souterrains.
  • Sinistres passés : dégâts d'eau, incendie ou autre événement ayant affecté la propriété, même partiellement remédié.

La règle d'or est simple : si vous le savez, déclarez-le. Le silence ou l'omission volontaire est ce qui expose le vendeur aux recours les plus sérieux.

Ce que l'acheteur peut faire de son côté

La déclaration du vendeur n'est qu'un point de départ pour l'acheteur. L'acheteur peut examiner les déclarations, demander les documents pertinents, prévoir une inspection et consulter les professionnels appropriés selon l'immeuble et la transaction.

En pratique, un acheteur sérieux mandatera un inspecteur en bâtiment pour valider l'état de la propriété. Il peut aussi demander des documents complémentaires : factures de rénovation, rapports d'inspection antérieurs, relevés de taxes, etc. Si votre déclaration est complète et honnête, ces vérifications ne feront que confirmer ce que vous avez déjà communiqué, ce qui renforce la confiance et facilite la conclusion de la transaction.

Pour les acheteurs qui souhaitent en savoir plus sur le processus, la page dédiée aux acheteurs offre un bon point de départ.

Vendre sans garantie légale : une option à bien peser

Dans certaines situations, notamment lors de successions ou de ventes à prix réduit, il est possible de vendre une propriété sans garantie légale de qualité, aux risques et périls de l'acheteur. Cette clause doit être clairement stipulée dans la promesse d'achat et comprise par les deux parties.

Attention : vendre sans garantie légale ne vous autorise pas à dissimuler des vices que vous connaissez. La bonne foi reste obligatoire. Un acheteur qui prouve que vous connaissiez un vice et l'avez tu peut toujours exercer un recours, même en présence d'une clause de non-garantie. Consultez votre courtier immobilier et, au besoin, un notaire ou un avocat pour bien comprendre les implications avant d'opter pour cette avenue.

L'essentiel à retenir

La déclaration du vendeur est bien plus qu'une formalité administrative : c'est votre engagement de transparence envers l'acheteur. En distinguant clairement ce que vous savez de ce qui est visible, en remplissant le formulaire DV avec soin et en n'omettant aucun problème connu, vous posez les bases d'une vente sereine et durable. Avant de signer quoi que ce soit, prenez le temps de passer en revue chaque section avec votre courtier immobilier, qui saura vous guider à travers chaque question et vous aider à présenter votre propriété de façon honnête et rassurante pour les acheteurs.

Vous préparez la vente de votre maison familiale et vous voulez remplir votre déclaration du vendeur sans rien laisser au hasard? Contactez Boney Hatungimani, votre courtier immobilier, pour passer en revue chaque section du formulaire DV à vos côtés et aborder cette transition avec toute la sérénité qu'elle mérite.

Foire aux questions

Que se passe-t-il si j'oublie de mentionner un problème dans ma déclaration du vendeur?

Une omission involontaire est différente d'une dissimulation, mais elle peut quand même exposer le vendeur à des recours si l'acheteur prouve que vous étiez au courant du problème. La règle pratique est simple : passez en revue chaque section du formulaire DV avec soin, notez tout ce que vous savez, même les problèmes anciens ou déjà réparés, et discutez de chaque point avec votre courtier immobilier avant de signer.

Quelle est la différence concrète entre un vice caché et un vice apparent?

Le vendeur n'est pas tenu de garantir le vice caché connu de l'acheteur ni le vice apparent. Un vice apparent est celui qu'un acheteur prudent et diligent peut constater sans devoir recourir à un expert. En pratique, une fissure visible dans le mur du sous-sol est un vice apparent, tandis qu'une infiltration dissimulée derrière un revêtement que vous connaissiez serait considérée comme un vice caché.

Le formulaire DV me protège-t-il complètement contre toute réclamation après la vente?

Le formulaire DV ou DVD améliore la transparence, mais il ne constitue pas une garantie que l'immeuble est exempt de défaut. Remplir ce formulaire honnêtement démontre votre bonne foi et réduit les risques de litige, mais cela ne vous met pas à l'abri de toute réclamation si un vice caché que vous connaissiez n'a pas été déclaré.

Dois-je déclarer des problèmes qui ont déjà été réparés?

Oui, il est fortement recommandé de mentionner les problèmes passés même s'ils ont été corrigés. Précisez la nature des travaux effectués et leur date approximative. Cette transparence rassure l'acheteur, évite les mauvaises surprises lors de l'inspection en bâtiment et renforce la confiance tout au long de la transaction.

Peut-on vendre sans garantie légale et, si oui, cela signifie-t-il qu'on n'a rien à déclarer?

Vendre sans garantie légale est possible dans certaines situations, comme une succession ou une vente à prix réduit, mais cette option ne vous autorise pas à taire des vices que vous connaissez. La bonne foi reste obligatoire : un acheteur qui prouve que vous saviez et n'avez pas déclaré peut toujours exercer un recours. Avant de choisir cette avenue, consultez votre courtier immobilier ainsi qu'un notaire ou un avocat pour bien en mesurer les implications.

ClientHeadShot_1

Boney Hatungimani

Courtier immobilier résidentiel

Besoin d'aide pour la vente ou l'achat d'une propriété

Je peux vous aider à obtenir le meilleur prix.

$
$
(20%)
$
0 $
Voir le site
Prendre rendez-vous.
Contactez-nous!

Prêt à réaliser vos rêves immobiliers ?

Découvrez les opportunités immobilières qui vous attendent et rejoignez-nous pour réaliser vos rêves.